Crise du lait : l'offensive de Paris et Berlin divise l'Europe
Nouvelles européennesPosté par RGT mar, septembre 08, 2009 10:31Paris et Berlin ont lancé l'offensive lundi auprès de leurs partenaires européens, lors d'un Conseil des ministres de l'Agriculture. Leur but : obtenir une nouvelle régulation au niveau communautaire «pour accompagner la sortie du régime actuel des quotas». Le dossier est délicat : les 27 se sont déjà mis d'accord pour relever progressivement les quotas de 1 % chaque année, afin de parvenir à une suppression pure et simple à l'horizon 2015.
Mais avec la crise, les producteurs digèrent de plus en plus mal cette libéralisation qui fait mécaniquement augmenter l'offre et plonger les prix. Alors que le prix du lait livré aux laiteries tournait autour de 30 à 40 centimes le litre il y a plus d'un an, il a chuté à 24 centimes en moyenne. Beaucoup de producteurs disent désormais qu'ils travaillent à perte, et ils ont multiplié les actions de sensibilisation cet été.
Lundi encore, ils étaient plusieurs centaines à manifester à Bruxelles. Tous ne sont pas d'accord sur les prochains leviers d'action. Notamment le principe d'une «grève du lait», qui pourrait être décidée jeudi, lors d'une réunion syndicale, est loin de faire l'unanimité. Mais leurs inquiétudes ont trouvé un écho auprès des responsables politiques.
La France et l'Allemagne, qui sont les deux plus gros producteurs laitiers au sein de l'Europe, défendent l'idée d'une nouvelle régulation, «pour que le secteur laitier ne dépende pas seulement des seules règles du marché mais puissent y faire face». Pour les signataires de la déclaration publiée lundi, la Commission n'a pas pris la mesure de la crise. «Afin d'éviter une disparition d'exploitations à grande échelle, l'Union européenne doit prendre de nouvelles mesures fortes et concrètes», souligne le texte.
Parmi les pistes explorées pour stabiliser les revenus des producteurs, la possibilité d'une «contractualisation» au sein de la chaîne agroalimentaire ou encore l'étiquetage permettant de connaître l'origine des produits. «J'ai le sentiment que nous commençons à faire bouger les lignes», a estimé le ministre français Bruno Le Maire.
Cette initiative ne fait toutefois pas l'unanimité au sein des Vingt-Sept. L'idée franco-allemande d'accompagner la sortie du système des quotas est soutenue par seize pays, mais six seulement ont rejoint Paris et Berlin sur l'idée d'un gel temporaire du processus. «Je doute que nous parvenions à convaincre l'ensemble de nos partenaires sur le sujet», a regretté Bruno Le Maire, tout en soulignant que cela aurait constitué un message politique intéressant.
De son côté, la Commission européenne est catégoriquement opposée à l'idée de revenir sur le relèvement des quotas. Pour la commissaire à l'Agriculture Mariann Fischer-Boel, il est hors de question de faire marche arrière sur des mesures déjà décidées. La Grande-Bretagne et la Suède, qui assure la présidence de l'UE, sont également sur cette ligne.
Résumé d'un article paru dans " Le Figaro" du 8 septembre 2009
Il a été réalisé par "Copernic Summarizer"
et n'est donc pas une copie conforme d'extraits de l'article
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